Octobre 2026
La Coalition Résistance à l’Incinération
prend son envol
La raison d’être de la coalition
C’est par la mise en avant du scandale sanitaire, écologique et économique que constitue l’incinération, par l’exposition de ses conséquences sanitaires concrètes, par la mobilisation de scientifiques et toxicologues, que nous réussirons à engager une trajectoire de sortie de l’incinération
-
Les polluants émis par l’incinération
Les installations d’incinération de déchets relâchent de nombreuses substances toxiques invisibles, que ce soit dans l’air (dioxines, métaux lourds, particules fines, PFAS, oxydes d’azote notamment) ou à travers les résidus solides d’incinération des déchets (mâchefers ou résidus issus de l’épuration des fumées).
Plusieurs études de biosurveillance d’incinérateurs ont confirmé la présence de substances toxiques, que ce soit à proximité directe des installations (niveaux excessifs de dioxines dans des œufs de poules élevées en plein air dans les communes environnant l’incinérateur d’Ivry-Paris 13) ou à plusieurs kilomètres.
Si certains polluants font l’objet d’un suivi en continu, les substances les plus toxiques, comme les dioxines, les furanes et les métaux lourds, ne sont, pour leur part, mesurées que périodiquement.Des impacts sur l’environnement et la santé humaine
Les effets de ces émissions de polluants sont nombreux et documentés, que ce soit sur l’environnement ou la santé humaine.
Troubles respiratoires, maladies cardiovasculaires, perturbations hormonales, cancers…
Une exposition à ces risques inégale, et source d’injustice environnementale
Certaines catégories de population sont particulièrement vulnérables aux polluants émis par les incinérateurs : enfants, personnes âgées, individus souffrant de maladies chroniques ou personnes vivant à proximité immédiate de ces installations peuvent être surexposés à des substances toxiques.
Ainsi, certaines communautés subissent de manière disproportionnée les impacts négatifs d’activités polluantes, s’inscrivant dans une logique plus large d’injustices environnementales. Le cas du Val de Marne est ainsi emblématique, car ce département - et notamment ses territoires les plus défavorisés - concentrent X incinérateurs, et ont vu émerger un projet de méga chaudière à Vitry - Thermo sur Seine.
Le coût sanitaire et environnemental de ces pollutions, c’est-à-dire le coût financier de la gestion des conséquences de ces pollutions (sur la santé humaine, la biodiversité, les bâtiments, les cultures, le climat) fait aujourd’hui l’objet d’estimations chiffrées : en France, pour le seul secteur de l’incinération, il est estimé entre 2,5 et 3 milliards d’euros par an.
-
Un suivi insuffisant
Si certains polluants font l’objet d’un suivi en continu, les substances les plus toxiques, comme les dioxines, les furanes et les métaux lourds, ne sont pour leur part mesurées que périodiquement.
Les PFAS, ou polluants éternels, commencent tout juste à être intégrés dans la réglementation des émissions des incinérateurs. Adoptée en novembre 2024, l’obligation de mesure de 49 composés PFAS et du fluorure d’hydrogène dans les fumées rejetées ne s’appliquera que de façon très progressive entre octobre 2025 et avril 2028.Par ailleurs, les normes techniques d’émissions ne tiennent pas compte des effets “cocktails”, c'est-à-dire des interactions entre substances a priori peu toxiques mais qui, combinées, deviennent dangereuses.
Des seuils trop bas, dont certains n’ont pas été révisés depuis 30 ansPar ailleurs, les seuils maximaux admissibles pour les émissions de dioxines et de furanes issues des incinérateurs de déchets, fixés par le cadre réglementaire européen, n’ont pas été révisés depuis plus de trois décennies malgré les avancées scientifiques sur la toxicité de ces polluants.
Un système de suivi et de contrôle opaque
Le suivi et la surveillance des incinérateurs est donc :
Insuffisant : incomplet, ne mesurant qu’une faible partie des substances toxiques émises et effectué de manière trop peu régulière
Opaque : il manque cruellement de transparence et de moyens pour être accessible aux citoyens
Trop permissif : avec des seuils trop bas pour les substances les plus toxiques
-
Le mythe de la transformation du déchet en source d’énergie
C’est aujourd’hui un nouveau rapport aux déchets qui s’impose : autrefois problème dont il fallait gérer la résolution, ils sont désormais appréhendés comme une ressource valorisable dans le cadre de la politique énergétique de la France.
Depuis quelques années, la nécessité de produire une énergie “verte”, “décarbonée”, “locale” à partir de nos déchets, voire de renforcer la souveraineté énergétique de la France - dans un contexte géopolitique tendu - est devenue l’une des principales justifications de l’agrandissement des UVE (unités de valorisation énergétique) et du développement des CSR (combustibles solides de récupération).
Une source d’énergie très carbonée promue à tort comme énergie verteLes déchets d’origine biologique - la «.biomasse », dont les biodéchets, encore très présents dans les OMR - sont considérés comme une énergie d’origine renouvelable - et sont aujourd’hui l’alibi pour qualifier l’incinération d’énergie verte.
Alors même que leur combustion rejette de l’eau et nécessite plus d’énergie..
Au contraire, c’est une source d’énergie fortement carbonée, émettant directement près de
375 kg de CO2 d'origine fossile pour une tonne d’OMR brûlée - et liée indirectement à des déchets dont la fabrication a nécessité beaucoup de ressources.
L’incinération, une source d’énergie à faible rendementEnfin Il faut rappeler que l’énergie produite par l’incinération des déchets reste très faible par rapport au mix énergétique français : la combustion des déchets devrait concourir à une production totale permettant de couvrir moins de 1 % de la consommation d’énergie de la France.
Plus encore, s’agissant de la production d’électricité, la faible efficacité de production de l’incinération conduit à des émissions de gaz à effet de serre par unité d’électricité presque deux fois supérieures à celles associées à la production de gaz naturel.
-
Une augmentation du recours à l’incinération, motivée par d’importantes incitations fiscales
Alors que les objectifs de baisse du recours à l’enfouissement étaient censés s’accompagner d’une diminution des déchets résiduels, ils se sont en réalité traduits par un transfert des tonnages vers l’incinération.
Ainsi entre 2006 et 2022, les tonnages entrants dans une installation d’incinération en France ont augmenté de plus de 12,7 %, jusqu’à atteindre 14,3 millions de tonnes de déchets.
Le développement de ce mode de traitement très coûteux, nécessitant des investissements massifs, est avant tout le fruit d’un soutien financier massif des pouvoirs publics (réduction de la TGAP, Fonds chaleur de l’ADEME, TVA réduite, soutiens des collectivités locales)
La multiplication de méga projets en dépit d’une surcapacité en France
Avec près de 124 incinérateurs, la France est le pays le plus doté d’Europe.
Les installations françaises, qui ne sont pour l’heure pas au maximum de leurs capacités réglementaires totales, 91 % étant utilisées, font l’objet de projets d’agrandissement qui affichent des capacités de traitement massives, totalement déconnectées des ambitions de prévention.
Les projets se multiplient, dont des méga projets de chaufferie CSR comme le projet de Thermo-sur-Seine, notamment pour incinérer les déchets d’entreprises.
Historiquement conçus pour traiter les déchets ménagers, ces projets de méga-incinérateurs prévoient d’incinérer de plus en plus de déchets d’entreprises ; une pratique préoccupante, permettant de financer la gestion des déchets du secteur privé par de l’argent public
Actualités
La CRI appelle à un moratoire européen sur l’incinération
Avec 83 autres organisations environnementales, la CRI appelle à un moratoire européen sur l’incinération
Concertation en cours sur le projet Thermo-sur-Seine
Du 1er septembre au 1er novembre, le plus gros projet d’usine CSR français fait l’objet d’une concertation préalable.
Enquête sociologique sur la mobilisation citoyenne autour d’un projet d’incinérateur
Pourquoi la reconstruction de l’incinérateur du Mirail de Toulouse suscite-t-elle si peu de mobilisation citoyenne ?
Quotas carbone appliqués aux incinérateurs : quels enjeux ?
La révision de notre Système d'échange de quotas d'émission (SEQE/ETS) est un moment clé pour enclencher une véritable dynamique de réduction des déchets, et donner un signal prix fort et juste pour stopper le développement de l’incinération.